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Entomologie Légale


Franco Zecchin

Le Département Entomologie de l’Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie près de Paris constitue une première mondiale.
Au cours de leur intense ballet autour d’un cadavre putride, les milliers d’insectes et leurs larves d’espèces différentes, qui se relaient selon des cycles précis des mois durant, pour dépecer le corps, sont aussi de précieux témoins pour la datation du décès de la personne et permettent souvent le dénouement d’une énigme criminelle. La précision est telle que les indices -des larves par exemple- laissés par les différentes colonies d’insectes au cours d’une chronologie immuable, permettent à l’entomologie scientifique d’éliminer des hypothèses d'enquête et de déterminer la date du décès. Dans d’autres cas, l’entomologiste pourra déterminer s’il y a eu déplacement du corps.
Sans qu’il existe nulle part encore d’école d’entomologie judiciaire, cette technique scientifique commence à gagner ses lettres de noblesse auprès d’un nombre croissant de tribunaux en Europe et en Amérique.
La gendarmerie française, à l’Institut de recherche criminelle (IRCGN) à Rosny-sous-Bois, possède même le premier laboratoire d’entomologie au monde au sein d’un institut de criminalistique. Depuis la création de l’IRCGN en 1992, ce laboratoire a traité, à la demande d’enquêteurs ou de magistrats, 400 affaires, dans lesquelles la datation a souvent aidé à élucider le dossier. Dans les autres pays qui utilisent cette technique de pointe, comme aux Etats-Unis par exemple, les enquêteurs font appel à des laboratoires privés et à des universités pour les analyses entomologiques.
Pour les enquêteurs et pour les juges, ces insectes nécrophages, véritables fossoyeurs de la matière organique, ne peuvent pas mentir et leur ils apportent souvent les preuves irréfutables qui innocentent le suspect ou débusquent le criminel.
© Texte: Frédéric Castel
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Franco Zecchin / Picturetank ZEF0023833

Pour parvenir à une datation du décès, les spécialistes d’entomologie criminelle ne ressemblent plus au personnage élégant de Sherlock Holmes, la pipe à la main, mais plutôt à des savants, revêtus de leur combinaison jetable, rompus aux techniques de prélèvements. Armés de spatules et de pinces, ils prélèvent des échantillons de larves ou d’œufs d’insectes sur le cadavre et dans le sol sous-jacent, mais ne dissèquent jamais le corps.

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La gendarmerie française, à l’Institut de recherche criminelle (IRCGN) à Rosny-sous-Bois, près de Paris, possède depuis 1992 le premier laboratoire d’entomologie au monde au sein d’un institut de criminalistique. Dans les autres pays qui utilisent cette technique de pointe, comme aux Etats-Unis par exemple, les enquêteurs font appel à des laboratoires privés et à des universités pour les analyses entomologiques. Ici une partie de l’équipe, qui compte au total sept personnes dirigée par le Lt. Emmanuel Gaudry, chef du département (premier à droite).

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Ici, des coléoptères, du genre Carabe ou Silphe, épinglés sur leurs propres photos, font parties des collections de références des entomologistes. Celles-ci les aident à identifier une espèce parmi les milliers qui existent dans la nature. Après plusieurs escouades de mouches qui colonisent successivement un cadavre, les coléoptères, que l’on voit ci-contre, forment la 2e ou 3e vague d’insectes qui s’attaquent au corps pour le dépecer, avant de laisser la place à une vague différente d’insectes.

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Les entomologistes portent une combinaison synthétique, avec masque et lunettes, pour se protéger non seulement des larves, vivant en milieu putride, qui peuvent sauter au visage, mais aussi en sens inverse, à ne pas contaminer le cadavre avec des indices étrangers, tels que des cheveux, des postillons de salive ou des empreintes.

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Les entomologistes doivent contrôler toutes les caractéristiques d’une espèce pour l’identifier parmi les milliers d’espèces que peut comporter une même famille d’insectes. Ici, l’un des spécialistes de l’équipe en observe un à travers une puissante loupe, qui reproduit simultanément l’image sur un écran de télévision. Il consulte, sur un livre de références, une sorte de « check-list » de questions relatives aux critères distinctifs des mouches.

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L’entomologiste s’apprête à photographier un échantillon sous scellés qui vient d’arriver au département de recherche criminelle, avant qu’il soit ensuite ouvert pour entamer son étude. Le but de ces travaux est de dater le décès du corps sur lequel les insectes ont été prélevés.

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Les entomologistes ont besoin d’innombrables collections de références pour bien identifier les milliers d’insectes et d’espèces. Par exemple, ici des mouches de Guyane française sont des espèces tropicales nécrophages que l’on ne retrouve pas en Europe. Ces espèces de coléoptères, comme ce longicorne, en haut à droite est spécifique à cette région tropicale d’Amérique du sud. Les gendarmes entomologistes de l’IRCGN sont aussi appelés à travailler sur des dépouilles retrouvées dans les DOM TOM dans des affaires criminelles.

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L’un des entomologistes contrôle un élevage qui est conservé dans une enceinte climatique où la température (24º) et l’humidité sont constantes (avec une alternance jour-nuit) pour permettre aux œufs ou aux larves d’atteindre en quelques jours ou en quelques semaines, le stade adulte. A ce moment-là, il est extrait de l’élevage pour être identifié et pour déterminer son cycle de croissance.

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Quand un cadavre suspect est retrouvé, des entomologistes ou des enquêteurs, avec une formation spécifique, viennent prélever les insectes, ainsi que leurs larves. Ils portent une combinaison synthétique, avec masque et lunettes, qui servent non seulement à protéger le manipulateur des larves, vivant en milieu putride, qui peuvent sauter au visage, mais aussi en sens inverse, à ne pas contaminer le cadavre avec des indices étrangers, tels que des cheveux, des postillons de salive ou des empreintes. Sur place, les échantillons d’insectes sont aussitôt soumis à deux types de conditionnement avant d’être envoyés sous scellés au laboratoire central (IRCGN) en région parisienne. Les uns sont tués par immersion dans l’alcool, les autres – transportés vivants dans des étuis où ils respirent– vont être mis en élevage pour permettre ensuite la datation du cadavre.

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Simple loupe grossissante où l’on voit des insectes morts montés sur épingle. Elle est entourée de plusieurs boites de la collection de références qui permet d’identifier telle ou telle espèce de larves ou d’insectes.

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Ce stéréo-microscope est une sorte de loupe puissante qui grossit une centaine de fois pour observer les quantités de critères morphologiques des insectes, comme la coloration, la présence d’un appendice caractéristique, la nervation des ailes etc.. qui varient selon l’espèce à identifier.

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Face au spectacle parfois terrifiant de la putréfaction subie par le corps humain après la mort, l’entomologiste garde la tête froide et ne voit qu’une logique du vivant qu’il s’efforcera de traduire -preuve scientifique à l’appui- en durée.

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Un gendarme entomologiste de l’IRCGN, à Rosny Sous Bois, effectue un relevé météo. En incluant les critères indispensables de température et d’humidité, qui déterminent la vitesse de croissance des insectes, les spécialistes font ensuite une estimation de la date de la mort en recoupant les données, obtenues en élevage à partir des espèces d’insectes retrouvées sur le corps.

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Dans la salle de tri, deux spécialistes ouvrent les scellés des échantillons et reconditionnent les prélèvements qu’ils contiennent pour les conserver (certains vivants et certains morts) le temps de les identifier.

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Ces mouches d’une même espèce sont montées sur épingle pour constituer des collections de référence qui servent aux entomologistes pour bien identifier les espèces d’insectes retrouvés sur un cadavre. C’est un travail de patience extraordinaire quand on sait qu’il existe dans le monde 1,5 millions d’insectes connus et qu’il en reste une dizaine de millions non référencés !

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L’entomologiste utilise ici un stéréo-microscope pour observer l’insecte et le compare à sa collection de référence (au premier plan) pour s’assurer de l’espèce. Le tout est photographié pour constituer le dossier qui sera exploité devant les tribunaux.

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Chaque région du monde possède ses espèces d’insectes différentes. Ici des mouches et une guêpe de Nouvelle Calédonie. Rien qu’en France, les insectes dominent le monde du vivant, puisque sur les quelque 41 000 espèces d’animaux et végétaux, se trouvent 36 500 espèces d’insectes. On comprend la difficulté de la tâche pour les entomologistes travaillant sur une affaire criminelle. Il leur faut identifier, sur des milliers d’insectes, ceux ayant colonisé le corps suspect. A Marseille, il est arrivé parfois de retrouver des cadavres abandonnés sur des quais de port sans que l’on sache de quelle partie du monde venait l’éventuel navire qui les avait transportés. Les insectes s’avèrent parfois être les témoins les plus fiables pour envisager une piste.

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Le laboratoire du département d’entomologie à l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale française à Rosny-sous-Bois est considéré comme l’un des meilleurs au monde, tant par ses équipements que par ses résultats. A l’arrière-plan, un scarabée fortement grossi est visible sur le téléviseur tandis que le Lt. Gaudry montre comment différentes familles d’insectes colonisent, les unes après les autres, un cadavre selon l’ordre mis en évidence par le français Pierre Mégnin en 1894.

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Compte tenu des rares pays qui utilisent l’entomologie dans les enquêtes criminelles, les quelques chercheurs spécialisés, essentiellement concentrés en Amérique du nord et en Europe, se rencontrent souvent à des séminaires internationaux pour échanger les résultats de leurs travaux. Au printemps dernier, c’est l’IRCGN de Rosny-sous-Bois qui a réuni une quarantaine de spécialistes d’une douzaine de nationalités.

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Neal Haskell, spécialiste d’entomologie criminelle installé à son compte dans l’Indiana, en visite au laboratoire de l’IRGN en région parisienne près du stéréo-microscope où ces chercheurs passent de longues heures à observer les insectes.

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Pour Robert Hall, chercheur en entomologie criminelle à l’université américaine du Missouri, le prélèvement entomologique devrait être systématique dans toutes les enquêtes de cadavres suspects non identifiés. Déjà aux Etats-Unis, si la piste entomologique n’a pas été contrôlée par les enquêteurs, le procès est susceptible d’être suspendu pour vice de forme.

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Le professeur Marcel Leclercq, de l’Institut de médecine légale de Liège en Belgique, a été le pionnier, dès 1947, en Europe et en Occident, en introduisant les techniques d’entomologie légale dans les tribunaux pour résoudre des enquêtes criminelles. Ce spécialiste met en garde sur les erreurs impardonnables de datation, et donc d’accusation, qui peuvent subvenir si les relevés de température, sur le site de la découverte du corps, ne sont pas très précis.

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Pour Christian Reiter, professeur à l’Université de Vienne en Autriche, l’entomologie est la seule technique précise pour déterminer l’heure du décès quand un corps est retrouvé deux à trois jours plus tard. Dans ce laps de temps de 48 à 72 heures après la mort, les autres signes, comme la disparition de la rigidité cadavérique, ne sont pas fiables pour définir rigoureusement le moment du décès.

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Ici en visite à Paris, le Dr. Carlo-Pietro Campobasso, de l’Université de Bari, médecin-légiste de formation, tient un crâne du laboratoire de l’IRGN de Rosny Sous Bois. Il est connu pour ses travaux sur les insectes nécrophages qui portent des traces de drogue consommée par la victime. Employées aussi aux Etats-Unis, ces techniques permettent parfois de confirmer que le décès est dû à la cocaïne ou à l’héroïne ou à un suicide aux barbituriques.

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Le professeur Leclercq, par sa notoriété mondiale, est appelé à fournir son expertise dans de nombreux pays. Entre autres, sa compétence en entomologie criminelle a été utilisée, à la demande du Tribunal pénal international (TPI) de La Haye, pour des enquêtes sur les charniers en ex-Yougoslavie.

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Les entomologistes doivent contrôler toutes les caractéristiques d’une espèce pour l’identifier parmi les milliers d’espèces que peut comporter une même famille d’insectes. Ici, l’un des spécialistes de l’équipe en observe un à travers une puissante loupe, qui reproduit simultanément l’image sur un écran de télévision. Il consulte, sur un livre de références, une sorte de « check-list » de questions relatives aux critères distinctifs des mouches.

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Dans la salle de tri de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale française de Rosny Sous Bois, un gendarme entomologiste est en train de recenser les différents échantillons scellés qu’il vient d’ouvrir, tandis que son collègue contrôle, dans une sorte d’incubateur, les élevages de larves d’insectes prélevés sur un cadavr

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Dès qu’un échantillon arrive au département d’entomologie de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) de Rosny-sous-Bois, il est photographié pour certifier l’intégrité du scellé pour l’enquête juridique. Les échantillons sont d’habitude constitués de plusieurs prélèvements, les uns sont sous alcool dans une fiole et les autres vivants sont dans un pilulier où ils peuvent respirer.

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Dr. Carlo-Pietro Campobasso, médecin légiste italien, qui a assisté au séminaire international tenu à Paris cette année, souligne l’importance du travail complémentaire de l’entomologiste et du médecin légiste Pour lui, le premier complète nécessairement le travail du second dès que le cadavre commence à être « colonisé » par des insectes. L’étude de ces derniers va « permettre, en fonction de la température et du milieu, de déterminer non seulement la date du décès, mais aussi la cause, et éventuellement le déplacement du corps ou les étapes d’un démembrement », note le spécialiste italien.

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